De l'incompréhension à l'ouverture : arrêtons de parler français aux chinois !

Article de Fabien Delcourt - un prince du développement personnel et de l'ennéagramme (mais Késaco ? A la fin de cet article éclairant, vous trouverez le lien qui vous en dira plus 😉)


Avertissement : Fabien tutoie ses lecteurs - personnellement, ça me fait drôle (vieille génération...proche de l'Antiquité !!! ), mais je sens bien l'intention de connexion et de partage qui en émane 🥰 Alors Fabien, je te pardonne !


Maintenant, son article :


Quel est le point commun entre :


Une discussion entre amis ?

Un discours devant un public ?

Une vidéo face caméra ?


Quel que soit le contexte de notre prise de parole : le point commun, c'est nous !


C'est justement ce qui va causer les dissonances et les incompréhensions.


Mais pourquoi avons-nous du mal à communiquer ?

Comment améliorer notre façon de faire ?


Cet article propose un début de réponse.


Le problème dans notre prise de parole


Notre principale problématique quand on communique, c'est que nous parlons à travers notre filtre tout en étant aveugle à cette réalité.


Hypnotisé par notre vision du monde, nous en oublions que les autres ne fonctionnent pas comme nous.


Imagine un instant la situation suivante :


Un français arrive dans une province au fin fond de la Chine, rencontre un local et lui lance : "Bonjour monsieur, vendez-vous des nouilles ?".


Le chinois répondra : "我不明白".


Absurde !


Ni l'un ni l'autre ne se comprennent.


C'est exactement ce qui se passe au quotidien quand nous dialoguons avec les autres sans tenir compte de leur vision du monde.


Chacun a sa langue privilégiée, son type de communication naturel et il tend à oublier que c'est SA façon de procéder.


Cette simple différence de vision du monde cause tellement de frictions, de conflits, de tensions !


Alors comment ouvrir son message ?


Comment adapter notre discours pour que plus de gens "connectent" et comprennent ?


Et si on commençait par enlever la paire de lunettes qu'on a sur le nez pour la regarder ?



3 centres, 3 filtres de la réalité


Le modèle de l'ennéagramme nous enseigne qu'il existe 9 types de personnalité, 9 façons d'appréhender la réalité, 9 "noyaux durs", que nous retrouvons systématiquement chez les humains (avec bien plus de nuance et de complexité).


Ces 9 familles de personnalités se rangent dans 3 catégories :

- Les centres mentaux

- Les centres émotionnels

- Les centres instinctifs


Nous avons tous ces 3 centres d'intelligence à l'intérieur de nous, par contre nous les utilisons différemment et dans différentes proportions.


Nous utilisons tous un centre BEAUCOUP trop (centre préféré) et nous en sous-utilisons drastiquement un autre (centre réprimé).


Quels sont ces trois centres d'intelligence ?


Le centre mental crée des plans pour anticiper le futur, il filtre les informations pour créer un modèle du monde, il jongle avec les concepts, pèse le pour et le contre d'un choix.


Le centre émotionnel vit au présent, apprécie la beauté, est le siège des émotions, entre en relation avec les autres et s'y adapte en temps réel.


Le centre instinctif assure la survie en réagissant à l'environnement présent, il puise dans le passé pour savoir de quoi il est capable, il est le siège de l'action, il concrétise les projets, il est en lien avec le mouvement, l'activité physique, le corps et il a un fonctionnement binaire sans aucune nuance : ON/OFF.


Pour cet article, nous parlerons de profils mentaux pour désigner ceux qui ont le centre mental comme centre préféré, de profils émotionnels pour désigner ceux qui ont le centre émotionnel comme centre préféré et de profils instinctifs pour désigner ceux qui ont le centre instinctif comme centre préféré.


Le centre préféré désigne le centre qu'on utilise en excès, de façon automatique ; c'est avec lui qu'on appréhende la réalité en permanence, l'individu se confond même avec son centre préféré.


Selon toi, quel est ton centre préféré ? Celui que tu utilises avec le plus de facilité, sans t'en rendre compte ?



3 sensibilités différentes


Les 3 profils ont une sensibilité totalement différente car leur fonctionnement est radicalement différent.


Les profils mentaux sont plus sensibles aux arguments rationnels, aux chiffres, aux études, aux preuves, aux idées.


Les profils émotionnels sont plus sensibles aux émotions, aux histoires individuelles, aux témoignages, aux biographies.


Les profils instinctifs sont plus sensibles à l'action, au concret, aux exemples tangibles, aux "tripes".


On pourrait établir un parallèle entre les 3 centres et les 3 dimensions d'un discours : le logos, le pathos et l'ethos.


Le logos relève de la parole, de la logique, il est relatif aux idées.

Le pathos relève de la sensibilité et des émotions.

Le logos relève de l'état d'être, de l'instinct, de l'ancrage.


L'intérêt est de savoir parler à notre interlocuteur en s'adaptant, non pour manipuler, mais simplement pour connecter, de tête à tête, de cœur à cœur et de corps à corps.


Il en résulte une connexion beaucoup plus profonde, quel que soit le medium employé : relation d'amitié, vidéo, conférence, soirée, première rencontre...


Cela n'est pas spécifique à un discours donné sur une estrade.



Identifier le point faible de notre discours


Nous l'avons dit, les 3 profils ont leurs facilités et leurs difficultés.


Par exemple, le discours d'un profil mental, bourré de références, d'arguments, d'idées, de chiffres, peut fatiguer le profil émotionnel, ça va manquer d'émotions et de connexion pour lui. Idem pour le profil instinctif pour qui ça va manquer d'action et de concret.


En fonction de votre type de personnalité, tu vas nécessairement réprimer l'un des centres : mental, émotionnel ou instinctif.


Cela se voit très facilement pour quelqu’un qui a l'habitude ou qui connaît l'ennéagramme.


Par exemple, un profil mental qui a un centre émotionnel réprimé va faire un exposé très mentalo-mental dénué d'émotions et de connexion émotionnelle, proche d'un cours de faculté qui ennuie tout le monde (sauf peut-être les profils mentaux).



Dans ce domaine, l'idée n'est pas de capitaliser sur son point fort, au risque de déséquilibrer encore plus nos fonctionnements automatiques et de perdre nos interlocuteurs, mais plutôt de mettre de l'eau dans son vin.


La grande force de l'être humain n'est-elle pas sa capacité d'adaptation ?


Avant de s'adapter, ça commence par se voir tel qu'on est :


Quel est, selon toi, le centre avec lequel tu es le moins à l'aise ?

Quand tu parles à quelqu’un, qu'est-ce qui est le plus difficile pour toi et que tu as tendance à laisser de côté ?


Prenons mon exemple : je réprime le centre instinctif.


Dans mes discours, mes paroles, ça peut souvent rester abstrait et manquer de concret.


Ainsi, je peux rendre ma communication plus vivante en incitant à l'action, en proposant des mises en situation, des exercices, en incarnant mon message...


Mon point d'amélioration principal est sur l'Ethos.


Tout dépend le contexte de la communication, bien sûr !



S'ouvrir aux autres


Enrichir notre communication avec l'usage du logos, du pathos et de l'ethos, c'est s'ouvrir à l'autre et à sa particularité.


C'est ne laisser personne sur le carreau.

Il serait dommage que l'autre ait l'impression que tu ne fasses pas d'effort pour parler son langage, il ne se sentirait pas écouté, ni reconnu.


Lorsque tu vas en Angleterre ou aux Etats-Unis, tu fais l'effort pour parler anglais.

Lorsque tu vas en Espagnol, pareil.


Alors pourquoi ne pas le faire au quotidien avec les gens que tu rencontres ?


L'être humain s'enrichit de la différence et l'empathie commence par l'écoute brute et bienveillante de qui est l'autre.


Ca demande de se taire et d'être à l'aise avec le silence pour accueillir l'altérité.


Communiquer en parlant aux 3 profils, c'est augmenter ses chances d'être entendu, d'être impactant et de créer un lien bien plus profond et riche avec notre interlocuteur.