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Face à la colère des gilets jaunes, nos dirigeants n’ont rien trouvé de mieux que de répondre à cette colère par une attitude calme et posée.  Leur intention était louable : calmer le jeu et ne pas mettre d’huile sur le feu. Raté. 

 

Attitudes non-verbales

Souvenez-vous de la dernière fois où vous étiez énervé, et que votre interlocuteur est resté d’un calme olympien (tient, Jupiter n’est pas loin !)…  Vous aurez remarqué que cela ne marche pas ! Au contraire, plus l’autre reste calme face à votre colère, plus votre colère s’amplifie,  jusqu’à se transformer en bombe si vous ne faites pas un effort surhumain sur vous-même pour vous empêcher d’exploser !

 

Mais pourquoi donc le calme face à la tempête ne marche-t-il pas ? Parce que la colère, la frustration, l’exaspération… sont des émotions, et lorsque l’on est dans un état émotionnel fort l’on a un besoin viscéral de se sentir compris – et j’insiste bien ici sur ces deux mots : viscéral et sentir. Or, pour  se sentir vraiment compris, et avoir la sensation que l’autre se sent véritablement concerné par notre problème, il est impératif de répondre dans le même registre, c’est-à-dire le registre émotionnel. 

 

Nous en sommes bien loin avec les réponses de nos dirigeants aux gilets jaunes : leur ton de voix égal, leur posture droite dans leurs bottes, leurs gestes calculés, et leurs expressions faciales inexistantes ou figées, démontrent leur manque d’empathie et donnent le sentiment non seulement qu’ils s’en moquent royalement, mais qu’ils sont supérieurs.  Comment donc ne pas se sentir offensé !

 

Face à la colère, et d’autant plus lorsqu’elle est légitime, le calme ne fera qu’envenimer les choses.  Pour l’apaiser, voici ce qu’ils auraient dû faire : adopter un ton de voix qui prouve qu’ils se sentent vraiment concernés, avoir des expressions faciales qui démontrent l’empathie, avoir des gestes et projeter une énergie corporelle venant du cœur, venant des tripes, au lieu d’offrir du cérébral…

 

Formulations et choix de mots

Et  quant au choix des mots et des formulations, ils ont eu le chic pour déclencher des attaques d’ego massives chez les gilets jaunes ! Et franchement, ce n’est pas surprenant : alliés aux langage non-verbal décrit plus haut, tous mots et expressions qui impliquent ou peuvent impliquer que l’autre vous est supérieur, qu’il sait mieux que vous, qu’il est plus compétent, plus intelligent, plus savant, qu’il vous fait la leçon ou qu’il vous dit ce que vous devez faire, vont instantanément déclencher, et ce inconsciemment, une attaque d’égo massive qui va vous pousser à résister, rejeter, dénigrer, mépriser, tout ce que l’autre peut avancer - et surtout, vous n'écoutez plus ! Certains mots et expressions en question :

 

"Ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap… " : il nous fait la leçon… il sait mieux que nous… !  "J'entends ce que disent les français" ; " je vous ai entendu…". Le verbe « entendre » décrit une fonction et s’il est utilisé en réponse  à un état émotionnel, cela ne passe pas car c’est perçu comme indifférent et supérieur. Et quand il utilise le verbe « Comprendre » (« je comprends la colère des français »), ce n’est pas mieux car le verbe comprendre est cérébral, il n’est pas en phase avec l’émotionnel, et implique tout naturellement une certaine supériorité due à la croyance bien ancrée que l’intellect est supérieur à l’émotionnel, et que le rationnel est supérieur à l’irrationnel.

 

Pour apaiser, ou éviter de déclencher le pire, mieux vaut ici utiliser des termes liés aux émotions, par exemple : « Je suis accablé par ce que ressentent les français… », « Je suis profondément touché par ce désarroi … ». Quant au discours de M. Macron du 27 novembre, il ne parle quasiment que de lui et de son rôle, du rôle des autres responsables, il charge les autres dirigeants qui l’ont précédé, et implique tout au long de son discours qu’il sait mieux que tout le monde ce qui doit être fait. D’autre part, à qui s’adresse-t-il vraiment ? Visiblement pas à ceux qui se plaignent, c’est-à-dire ceux-là même qui ont provoqué ce discours, car il parle d’eux à la troisième personne, il parle d’eux comme d’une catégorie "on leur a dit ";  "ils ont été…" ; "nos concitoyens les plus fragiles...". Puis, il continue en nous faisant un cours sur la transition écologique… Ce n’est pas tant ce qu’il dit qui est offensant, mais la manière et le choix des formulations. Il eut mieux fait de s’adresser directement aux personnes concernées, en disant "On vous a dit… " ; "vous avez été..." ; "vous qui n’arrivez plus à boucler vos fins de mois…" . Au moins ils auraient eu l’impression qu’on leur parlait, qu’ils étaient pris en compte et qu’on tentait vraiment de les comprendre ! Quant à la leçon de transition écologique, ce n’était pas le moment car pour eux ce n’était pas le sujet. Et pour en rajouter une couche,  M. Macron insiste sur le fait qu'il faut faire de la "pédagogie"  - ben oui, vu qu’ils sont idiots et qu’ils ne comprennent rien…Très maladroit et aucune empathie.

 

Vivement la suite !

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