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Arrêtez avec le sexisme !

September 26, 2017

 

Que dirait ma grand-mère Berty si elle revenait nous rendre visite ? Serait-elle enchantée de voir à quel point la condition de la femme a évolué en 80 ans ? Elle verrait qu’au travail, le sexisme flagrant, éhonté et destructeur a certes diminué dans nombre d’organisations grâce à la mise en place de normes et de politiques adaptées, et surtout grâce à des leaders impliqués et vigilants qui font en sorte que ces normes et politiques soient appliquées. Mais elle verrait aussi qu’il y a un nombre non négligeable de leaders que le sujet commence sérieusement à fatiguer - et pas seulement des leaders masculins.

 

Il y a seulement quelques jours de cela, j’échangeais avec une leadeure (oui, j’ose) qui me disait qu’elle n’avait personnellement jamais rencontré de sexisme à son égard au travail, et que lorsqu’il y avait sexisme, c’était en grande partie « la faute des femmes » à cause de leur attitude « la manière dont elles s’habillent, elles cherchent les ennuis… », « certaines sont trop soumises, il ne faut pas qu’elles s’étonnent après si on les exploite », « elles ne prennent pas position, et quand elles le font, elles sont trop émotionnelles », « et puis, les hommes sont des hommes, faut pas s’offusquer pour un oui pour un non ».

 

Intéressant. Intéressant parce qu’il y a du vrai dans ce qu’elle dit : il est vrai que l’attitude d’une personne déclenche certaines réactions chez l’autre, comme c’est le cas dans toute situation de communication, quels que soient les genres en présence (par exemple, si un homme se comporte de façon soumise, je doute qu’il soit naturellement traité en égal !). Intéressant également parce que – bien qu’elle n’en fut absolument pas consciente – ses remarques sont très sexistes, comme lorsqu’elle affirme que c’est « la faute des femmes ». C’est sexiste parce que dire que c’est  leur « faute » c’est choisir de blâmer les femmes pour leurs comportements plutôt que choisir de blâmer les hommes pour les leurs. Si vous menez ce raisonnement à sa conclusion logique, les hommes finissent par être les victimes des femmes qui leur « font faire » ces choses. Par exemple, si une femme se promène dans la rue en mini-jupe et est agressée sexuellement, c’est qu’elle l’a cherché non ? Après tout c’est bien elle qui a provoqué l’agresseur avec une tenue pareille ! Mais, blâmeriez-vous un homme d’avoir été tabassé par un groupe de jeunes parce qu’il prenait une douche nu dans les vestiaires après un match (vestiaires où il se trouvait d’ailleurs seul quand le groupe est entré) ? Les jeunes se sont sentis provoqués, offensés, par sa nudité car, selon eux, il aurait du porter un caleçon pour se doucher. Qui blâmer ?

 

Pour en revenir au sexisme, cela nous montre que malgré certaines évolutions, celui-ci est ancré si profondément qu’il en est invisible pour les hommes comme pour les femmes, même au travail, comme par exemple faire l’étonné·e quand une femme fait un commentaire intelligent (« Hé, tu n’es pas que jolie, il y en a là-dedans ! »), ou faire une remarque sur son humeur (« T’as tes règles ou quoi ? », « Ne fais pas ta blonde ! »), ou lui donner un surnom (« Cocotte», « Ma poule », « Barbie »), ou faire un commentaire sur une autre femme et comment elle a bien pu obtenir sa promotion (oui, vous avez deviné), ou encore l’interrompre systématiquement quand elle parle, ou ne s’adresser qu’aux hommes dans une réunion comme si elle n’existait pas. Toutes ces choses passent inaperçu (elles sont « normales ») et lorsqu’elles sont remarquées sont généralement prises à la légère ou minimisées par les autres (« Oh, allez, n’en fais pas un fromage ! », « Mais je plaisantais ! », « T’as vraiment pas le sens de l’humour ! », « Oh, ben si on peut plus faire de compliments ! », « On ne peut plus rien dire ! »), ou par les femmes concernées elles-mêmes qui ont peur de dramatiser ou de déranger. Cela ne serait pas si grave si ce n’était que, même ces moindres formes de sexisme, ce sexisme que l’on qualifie d’ordinaire, ont un impact tout aussi négatif sur la performance, la carrière et la santé d’une femme que des conditions de travail éprouvantes ou des charges de travail écrasantes. Et je ne mentionne même pas l’inégalité des salaires et des chances…

 

Nous sommes tous responsables de cet état de choses, mais, à notre décharge, la majorité d’entre nous n’a aucune idée de ce qui se passe hors de notre conscience qui conditionne et déclenche nos comportements sexistes ainsi que nos réactions à ces comportements. De plus, en dehors du travail le sexisme a considérablement augmenté grâce à internet, à sa pornographie délirante et si accessible (voire envahissante vu les emails que je reçois !), ainsi qu’à notre assujettissement aux réseaux sociaux. Le sexisme est également constamment renforcé par les médias et la publicité dont nous pouvons difficilement nous soustraire. Lorsque des petites filles qui n’ont pas cinq ans veulent maigrir car elles craignent déjà de ne pas être assez minces et assez belles, l’on peut se dire que le problème est de taille – (ref. Laura Bates, Everyday Sexism : livre édifiant, n’existe malheureusement pas en français…).

 

Il ne s’agit pas de combattre les hommes, car cela ne fait que maintenir le problème et ne fait que renforcer la croyance que les féministes sont des harpies moches et mal baisées (oui, c’est cru, mais ce n’est pas de moi). Il ne s’agit pas non plus de ne rien dire, et de se « placer au-dessus de tout ça » car cela maintient la croyance que le sexisme est la norme. Non, il s’agit de susciter, tant chez les femmes que chez les hommes, la prise de conscience et la compréhension du phénomène, d’encourager la vigilance et le respect mutuel, de développer de nouveaux comportements ET d’ inculquer des états d’esprits sains et constructifs à nos enfants.

Au-delà des normes et règlementations, le lieu de travail est à mon sens une plateforme idéale pour promouvoir ce changement d’état d’esprit et de comportements, et ce en organisant systématiquement des conférences et ateliers  efficaces sur le sujet pour que les femmes et les hommes :

  • découvrent ensemble les conditionnements inconscients qui maintiennent et renforcent le sexisme ;

  • identifient les différentes formes de sexisme et leurs conséquences sur les femmes ET les hommes ;

  • apprennent à faire cesser les comportements et remarques sexistes de façon efficace et exemplaire.

Le résultat c’est que les personnes qui participent à ces ateliers gagnent en compréhension et en vigilance, se sentent à la fois soutenues par leur organisation et suffisamment confiantes pour mettre les choses en pratique. Certaines personnes deviendront même des champion-nes ! Mais l’un des aspects les plus importants, est que ces mêmes personnes rapportent cela chez elles, auprès de leurs maris, épouses, compagnes et compagnons, auprès de leurs parents, de leurs amis, et surtout, SURTOUT, auprès de leurs enfants qu’elles aideront ainsi à construire un avenir plus digne des humains que nous sommes.

 

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